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Actualités du lycée

Euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs : de graves questions

Par Référent Culture, publié le lundi 25 mars 2019 11:04 - Mis à jour le dimanche 7 avril 2019 21:58
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Le 11 avril prochain, Les Ateliers Curieux recevront Eric Fourneret dans le cadre des rencontres organisées grâce à la MDL. Ce sera l'occasion de réfléchir à la grave question des modalités de la fin de vie.

 

Eric Fourneret, chercheur à l'université de Grenoble, est un philosophe membre de nombreux comités d'éthique qui a aussi fait partie de la Commission Sicard, mandatée par le président Hollande pour reprendre la question de la question de la fin de vie. Il a publié Sommes-nous libres de vouloir mourir ?, un livre dans lequel il déplace l'interrogation qui porte habituellement sur la légalisation de l'euthanasie pour nous inciter à envisager plutôt
ce que nous pouvons penser de la volonté de mourir quand elle se manifeste. Voici un aperçu de son propos pour préparer la rencontre et en pj des notes sur son livre, pour commencer à approfondir.

L’euthanasie et les problèmes qu’elle pose

Eric Fourneret part d’une revendication selon laquelle l’individu devrait être libre de demander une euthanasie à l’Etat s’il estime que c’est la meilleure chose pour lui. Mais la revendication de cette liberté individuelle requiert un tiers pour s’exercer – l’Etat sous la forme de la légalisation et le médecin pour le geste létal -, ce qui constitue une contradiction.

Il déploie alors un raisonnement qui lui permet de mettre au jour différentes significations de la demande d’euthanasie : demande de participer aux décisions sur la fin de vie, réimplication de soi dans le monde, questionnement sur la valeur de sa vie induit par la dépréciation de la fin de vie. Il établit les pressions qui pèsent sur les personnes qui font une demande d’euthanasie, psychologiques, physiologiques, économiques et financières.

La liberté de la volonté peut être niée par le déterminisme selon lequel la liberté est une illusion, ou revendiquée par la conception libertarienne d’une liberté comme pouvoir pur de décider. Mais l’homme est toujours dans une situation et la demande d’euthanasie se comprend en fonction de ses conditions d’émergence. La position compatibiliste pose que le sujet peut évaluer les causes -non libres - qui le poussent à demander l’euthanasie et se donner ensuite des raisons -libres - de formuler sa demande.

La volonté de mourir doit être examinée par celui qui la manifeste mais cela pose le pb du manque d’objectivité dans la connaissance de soi. Si l’autre à qui elle est adressée doit « contrôler » la liberté de cette demande, il a aussi le pb de la qualité de sa connaissance d’autrui.

S’ensuivent les exemples de la Belgique qui admet la souveraineté de celui qui demande l’euthanasie – donc quel contrôle de sa demande ? ; de la Suisse qui admet le suicide assisté comme tout autre assistance et de l’Oregon qui autorise la prescription de produits létaux mais sans évaluation semble-t-il suffisante de la volonté de mourir.

L’euthanasie compassionnelle est analysée comme vertu de prise en compte des expériences où la vie nous résiste mais sa limite réside dans l'absence de considération suffisante de la vulnérabilité des personnes au moment où elles demandent l’euthanasie.

la position française : un engagement dans le développement des soins palliatifs pour accompagner la fin de vie sans provoquer la mort ni s’opposer à sa survenue. Besoins en termes de formation. Difficultés de la notion de sédation profonde et continue de la loi Claeys-Léonetti.

Le juridique ne résout pas la question du sens de la vie et de la peur de mourir donc il faut apprendre à écouter la volonté de mourir.

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